About me

Démarche artistique

Issu du street art, Steek Oner développe une recherche plastique qui place le corps et le portrait au cœur de sa création. Du mur monumental à la toile, du corps peint à la sculpture, en passant par la photographie et le 7e art, il expérimente les supports comme autant de terrains d’exploration de la couleur, de la transparence et de la superposition. Son geste, à la fois précis et spontané, traduit une quête de liberté et de lâcher-prise héritée de son expérience du graffiti, tout en témoignant d’un certain contrôle qui structure la composition et guide le regard.

Qu’il soit support ou sujet, le corps devient territoire d’expérimentation, surface de transformation et lieu éphémère de narration. Souvent féminin, envisagé comme origine, matrice et métaphore de la création, le corps peint par l’artiste engage une réflexion sur la maternité, la mémoire et la transmission, de l’enfantillage à l’individu mûr.

Chez Steek, l’identité ne se donne jamais d’un bloc : elle vacille, se fragmente, se dédouble. Visages superposés, lignes qui se croisent, figures fondues dans un même plan créent une frontalité qui trouble l’identification. Ce qui paraît clair devient ambigu et entraîne le regard dans un va-et-vient entre lisible et indéchiffrable.

La superposition des lignes et des couleurs accentue cette perte de repères. Les formes, pourtant précises, s’égarent dans un enchevêtrement de strates mêlant fragments de textes, noms brouillés et silhouettes morcelées, comme autant d’identités déplacées ou effacées.

Son geste initial, issu du tag et parfois perçu comme un « gribouillis », renoue avec l’origine instinctive du dessin, cette énergie première de l’enfance où l’expression précède la maîtrise.

La toile et le papier demeurent les terrains privilégiés de cette exploration, lieux où ces traces, hésitations et superpositions prennent toute leur ampleur.

Les dessins d’enfants, intégrés en dehors ou au cœur du labyrinthe de lignes — celles de la vie — sont sincères et non filtrés ; ils ne décorent pas, mais prolongent et éclairent les strates plus construites de l’adulte, révélant un dialogue intérieur entre origine et devenir.

La sculpture, le bodypainting et la photographie prolongent cette recherche dans la tridimensionnalité, fixant dans la matière le mouvement, l’élan et la tension des corps représentés. Ses œuvres portent en elles l’idée de fragilité, soumises au passage du temps, aux intempéries, parfois à l’effacement. Cette conscience de l’impermanence nourrit chez l’artiste le besoin d’inscrire certaines créations dans des supports qui traversent les années et rejoignent des circuits conventionnels de conservation, pour ancrer durablement ce qui, ailleurs, s’efface.

Ses créations abordent à la fois des enjeux collectifs et des questionnements intimes, explorant les inégalités, les identités et la mémoire inscrite dans les corps autant que dans les tiroirs de l’esprit. Elles invitent à suspendre le rythme, à prendre le temps de regarder et de ressentir. Entre art urbain, art corporel et travail d’atelier, Steek Oner construit un langage visuel où coexistent le transitoire et l’inaltérable, dans un même élan de rencontre, de réflexion et d’émotion.

Artistic approach

Coming from street art, Steek Oner develops a visual practice that places the body and the portrait at the heart of his work. From monumental walls to canvas, from painted bodies to sculpture, through photography and cinema, he explores different media as fields of experimentation for color, transparency, and layering. His gesture, both precise and spontaneous, reflects a quest for freedom and release inherited from graffiti, while also revealing a certain control that structures the composition and guides the viewer’s eye.

Whether as support or subject, the body becomes a territory of experimentation, a surface of transformation, and an ephemeral space of narration. Often feminine, conceived as origin, matrix, and metaphor of creation, the body painted by the artist engages a reflection on motherhood, memory, and transmission, from childhood playfulness to mature individuality.

In Steek’s work, identity is never given as a fixed block: it wavers, fragments, and doubles itself. Superimposed faces, intersecting lines, and figures fused within the same plane create a frontal presence that unsettles identification. What seems clear becomes ambiguous, drawing the gaze into a back-and-forth between the legible and the indecipherable.

The layering of lines and colors intensifies this loss of bearings. Forms, though precise, become entangled in a web of strata mixing fragments of text, blurred names, and fragmented silhouettes—like so many displaced or erased identities.

His initial gesture, rooted in tagging and sometimes perceived as a “scribble,” reconnects with the instinctive origin of drawing, that primal energy of childhood where expression precedes mastery.

Canvas and paper remain the privileged grounds of this exploration, spaces where these traces, hesitations, and superimpositions fully unfold.

Children’s drawings, integrated either outside or within the labyrinth of lines—the lines of life—are sincere and unfiltered; they do not decorate but extend and illuminate the more constructed layers of the adult, revealing an inner dialogue between origin and becoming.

Sculpture, body painting, and photography extend this research into three dimensions, fixing movement, momentum, and the tension of represented bodies within matter. His works carry within them the notion of fragility, exposed to the passing of time, to weather, sometimes to erasure. This awareness of impermanence fuels the artist’s need to anchor certain creations in enduring materials and within conventional circuits of conservation, so as to give lasting form to what elsewhere fades.

His creations address both collective issues and intimate questions, exploring inequalities, identities, and the memory inscribed in bodies as well as in the drawers of the mind. They invite the viewer to slow down, to take the time to look and to feel. Between urban art, body art, and studio practice, Steek Oner builds a visual language where the transient and the enduring coexist, within the same movement of encounter, reflection, and emotion.

Co-fondateur du Mur Guadeloupe / Co-founder of Le Mur Guadeloupe

Créé en Septembre 2023 avec Yasmina Annibal.

Running since September 2023 with Yasmina Annibal.